CONTES & LEGENDES D'ALGERIE

 

La légende de l'aqueduc de Cherchell




La ville de Cherchell, avait jadis pour chef un gouverneur qui était un homme très remarquable et très bon, se préoccupant constamment du bonheur des habitants et de la prospérité de la cité.

Ce chef avait une fille unique qui était très belle, très sage et dont le mari, qu'elle n'avait pas choisi encore jusque-là, devait succéder au vieux gouverneur pour la conduite des affaires.

Le vieux père, sentant l'âge venir, pressait sa fille de choisir, parmi les nombreux jeunes gens qui recherchaient sa main, celui que son cœur préférait; mais elle ne se décidait pas à prendre une détermination.

Enfin, un jour qu'il avait, pour la centième fois, peut-être, engagé sa fille bien-aimée à faire son choix, celle-ci lui répondit: Mon père, je n'ai aucune préférence pour les divers hommes qui ont sollicité ma main. Aussi, sachant combien vous voudriez que la ville de Cherchel eût d'abondantes fontaines, au lieu d'en être réduite. à ne posséder que quelques rares puits pour son alimentation, j'ai décidé d'épouser celui qui, le premier, aura doté le pays d'une conduite d'eau vive.

Le vieux gouverneur, en entendant ces paroles qui répondaient à ses deux désirs les plus chers, fut rempli de joie, et se hâta de faire publier dans toute la ville la décision de sa fille.

Parmi les amoureux qui sollicitaient sa main, il y avait un chrétien et un musulman, qui avaient un égal désir intense de réussir. Ils aimaient tant la jeune fille qu'ils étaient disposés à faire les plus immenses sacrifices, à surmonter les plus grandes difficultés.

Aussitôt qu'ils eurent appris que, celui qui doterait la ville d'eau courante, serait choisi comme mari; ils se mirent, chacun de leur côté, en mesure de gagner la partie, dont la jeune fille était l'enjeu.

Le chrétien ne craignit pas d'invoquer le diable et de lui promettre son âme en revanche du succès. Le diable accepta le marché et lui dit : je vais bâtir des aqueducs énormes, mais fais bien attention à ma recommandation, si tu veux réussir; il faut avoir soin de te laisser devancer par l'eau dans la ville. Si tu avais le malheur de succomber à la tentation d'entrer à Cherchel, avant la première goutte d'eau de la source que je veux y amener, le charme serait rompu et tu mourrais. Le chrétien accepta; et voilà que le diable se mit à construire ces gigantesques aqueducs, qu'on voit encore de nos jours, dans la plaine de l'Oued Bellah.

Le musulman fit appel à son bon génie, et lui demanda de l'aider à remporter le prix qu'il désirait tant. Ce bon génie lui répondit il est absolument nécessaire, pour ton succès, que tu n'entres à Cherchel, désormais, qu'après la première goutte d'eau de la source que tu vas capter. Le jeune homme le lui promit sans hésitation, et alors le génie continua munis-toi d'une grande quantité de roseaux, puis gravis la colline qui est derrière la ville. Tu y trouveras une caverne dans laquelle tu pénètres, et tu découvriras bientôt une source. Alors tu ajouter, bout à bout, tes roseaux pour qu'ils servent de conduite à l'eau, en ayant bien soin de ne jamais précéder cette eau, mais bien de la suivre toujours. Et avec l'aide de Dieu tu réussiras dans tes projets.

Ce qui fut dit fut fait avec la plus scrupuleuse exactitude par le musulman. Aussi dès le lendemain matin les paysans des environs purent le voir assis par terre, coupant avec son couteau des tuyaux en roseau qu'il ajustait l'un à l'autre, en ayant bien soin d'être toujours devancé par l'eau.

Un an s'écoula; les deux lutteurs touchaient au but de leurs efforts. Ils n'étaient plus qu'à quelques mètres du rempart, lorsqu'une nuit, le chrétien n'y pût plus tenir. Entendant un bruit de musique dans la ville, il pensa que la jeune fille du gouverneur était, sans doute, dans la réunion de fête dont il entendait les échos; et comme personne n'était près de lui pour le surveiller, car le diable, en ce moment, était très occupé au loin, il s'avança à pas de loup, et arriva dans la ville.

Mais quel terrible spectacle ne vit-il pas? Au moment où il devançait l'eau, que le diable lui avait fait promettre de suivre seulement, il aperçut le jeune musulman, son rival, qui en ajoutant ses morceaux de roseaux bout à bout, venait juste d'entrer en ville, précédé par le mince filet d'eau de l'Ain Kssba (la fontaine du roseau).

Le vieux gouverneur, prévenu à la hâte, arrivait plein de joie, suivi de sa fille, et quand toute la population émerveillée, faisait éclater son contentement à la vue de cette eau courante, qu'elle avait jusque-là tant désiré en vain. La jeune fille rougissante donna sa main à l'heureux vainqueur de la lutte.

Juste à ce moment là, le chrétien entendit que quelqu'un s'approchait de lui, et, en se tournant, il vit que c'était le diable qui lui dit en ricanant tu as perdu la partie par ta faute et tu m'appartiens désormais, puis le prenant avec ses griffes, il lui tordit le cou et l'emporta.

Le musulman obéissant épousa la jeune fille et devint sultan de Cherchell. Quant au chrétien qui avait désobéi, le diable l'a condamné à démolir avec ses ongles et ses dents les gigantesques aqueducs qu'il avait bâtis pour lui. Aussi dans la nuit, lorsqu'on passe près de ces ruines, on entend les cris et les grincements de dents du malheureux qui est tourmenté par celui qui le tourmentait éternellement.

La légende de la ruse de la vieille Aïcha.



La ville de Tlemcen était assiégée depuis longtemps par une grande armée, et les habitants étaient réduits à la dernière extrémité. Ils n'avaient plus de provisions, et la faim et la maladie avaient tué tant de personnes que les vivants étaient très découragés.

Le maire, ou chef, de la ville assembla enfin tous les notables et dit: "Mes amis, nous serons obligés de rendre la ville, nos provisions sont épuisées."

"Non, non!" dit une vieille femme, nommée Aïcha. "Ne rendez pas la ville. Je suis sûre que l'ennemi partira bientôt.

Le prophète Mahomet nous aidera, j'en réponds. Ne rendez pas la ville, faites ce que je vous dis, et je vous promets que la ville sera sauvée."

Les magistrats consentirent, et la vieille femme dit: "Premièrement, il me faut un veau."

"Un veau!" dit le chef. "Il sera impossible de trouver un seul veau dans toute la ville, tous les animaux ont été mangés depuis longtemps."

La vieille Aïcha insista, et après avoir cherché longtemps, on trouva un veau dans la maison d'un vieil avare. Cet homme avait caché ce veau. Il espérait le vendre un jour pour une grande somme d'argent. Le magistrat prit le veau, malgré ses remontrances. "Maintenant," dit la vieille femme, "il me faut du grain !

"Impossible de trouver du grain dans cette misérable ville!" dit le magistrat. Mais la vieille insista tant qu'il envoya chercher dans toutes les maisons. Grain à grain on rassembla enfin une mesure de blé, qu'on apporta en triomphe à la vieille femme. Celle-ci prit le grain, le mouilla pour en augmenter le volume, et le donna à manger au veau.

Quand le magistrat vit ceci il dit: "Oh Aïcha! quelle extravagance! vous donnez ce bon grain à cette pauvre bête quand il y a tant d'hommes, de femmes et d'enfants dans la ville qui meurent de faim!”

La vieille femme dit: "Laissez-moi faire, et je vous promets que l'ennemi abandonnera le siège." Alors elle prit le veau et alla avec lui à la porte de la ville. "Ouvrez la porte!" dit-elle à la sentinelle. La sentinelle refusa, mais bientôt le chef arriva, et lui commanda d'obéir à Aïcha, qui avait promis de sauver la ville.

Quand la porte fut ouverte, Aicha laissa sortir le veau, qui courut dehors et commença à brouter (manger) l'herbe près de la porte. L'ennemi avait entendu du bruit, et une troupe de soldats arriva en toute hâte. Ils virent le veau, et le menèrent en triomphe au camp. "Où avez-vous trouvé ce veau?" demanda le roi. "Près de la porte de la ville; les habitants l'ont laissé sortir pour brouter."

"Ah!" dit le roi, "je croyais que les habitants de Tlemcen souffraient de faim. C'est impossible, car s'ils avaient faim, ils mangeraient ce veau, bien qu'il ne soit pas bien gras."

Les soldats dirent: "Oui, c'est vrai, ils ont évidemment plus de provisions que nous. Il y a longtemps que nous n'avons mangé de veau frais." "Eh bien! dit le roi," tuez cette bête, et vous aurez du veau rôti.” Les soldats tuèrent le veau. Quelle ne fut pas leur surprise de trouver une quantité de bon grain dans l'estomac du veau.

Le roi, en apprenant cette nouvelle, dit: "Si les habitants de Tlemcen ont encore tant de grain qu'ils peuvent en nourrir leurs animaux, nous pourrons rester ici longtemps. Nous mourrons de faim avant eux. Il est inutile de continuer le siège." Le roi donna donc l'ordre de lever le camp, et partit le jour même avec toute son armée.

La ville de Tlemcen était délivrée. Les habitants, heureux et reconnaissants, portèrent la vieille Aïcha en triomphe tout autour de la ville, et ils lui assurèrent une pension, qui lui permit de finir ses jours en paix.

La légende du minaret de Mansoura.


Un roi de Soudan envahit la province de l'Ouest, et vint mettre le siège devant la ville de Tlemcen. les habitants de cette ville étaient très courageux, et ils se défendirent bravement. Le roi envoya chercher plus de troupes, et le camp des assiégeants finit par devenir une ville aussi.

Enfin le roi dit: "Il me faut vraiment une mosquée pour les soldats de mon armée; envoyez-moi un architecte ! "

Deux architectes, les plus habiles de leur temps, se présentèrent, et leurs plans étaient si beaux que le roi dit qu'il ne pouvait choisir entre les deux. Il décida donc qu'ils seraient employés tous les deux, et chargea l'architecte arabe de la partie antérieure du minaret, et l'architecte juif de la partie opposée.

Les deux architectes construisirent un monument d'une beauté remarquable, et quand le minaret fut fini ils allèrent tous deux se présenter devant le roi, pour recevoir leur salaire. Le sultan complimenta beaucoup l'architecte arabe, et il lui donna un grand nombre de bourses d'or, mais il ne donna pas d'or à l'architecte juif. Il ne le complimenta pas, non plus, et dit: "Vous êtes un infidèle, vous méritez la mort, parce que vous n'honorez pas le prophète Mahomet. Pour vous punir de votre infidélité, je vais vous enfermer au haut du minaret. Et si vous êtes encore là, quand la nuit commencera à tomber, vous serez mis à mort."

Le pauvre architecte n'avait que quelques heures, mais comme il était très habile, il se fabriqua une paire d'ailes, et il travailla si rapidement que les ailes furent finies avant la nuit. Quand le soleil disparut derrière les montagnes, l'architecte juif mit ses ailes et prit son vol du haut du minaret. Malheureusement, les ailes n'étaient pas très solides, et le pauvre architecte tomba dans la vallée, où il mourut.

En mourant, il maudit le prophète Mahomet. A son imprécation la terre trembla, le tonnerre gronda, la foudre sillonna les nues, et toute une moitié du minaret tomba. C'était la partie que l'architecte juif avait construite, et depuis ce jour le minaret n'offre plus que la moitié de sa construction primitive, car l'autre moitié est à terre.

La légende du serpent de Cherchell.



Un roi de Soudan envahit la province de l'Ouest, et vint mettre le siège devant la ville de Tlemcen. les habitants de cette ville étaient très courageux, et ils se défendirent bravement. Le roi envoya chercher plus de troupes, et le camp des assiégeants finit par devenir une ville aussi.

Enfin le roi dit: "Il me faut vraiment une mosquée pour les soldats de mon armée; envoyez-moi un architecte ! "

Deux architectes, les plus habiles de leur temps, se présentèrent, et leurs plans étaient si beaux que le roi dit qu'il ne pouvait choisir entre les deux. Il décida donc qu'ils seraient employés tous les deux, et chargea l'architecte arabe de la partie antérieure du minaret, et l'architecte juif de la partie opposée.

Les deux architectes construisirent un monument d'une beauté remarquable, et quand le minaret fut fini ils allèrent tous deux se présenter devant le roi, pour recevoir leur salaire. Le sultan complimenta beaucoup l'architecte arabe, et il lui donna un grand nombre de bourses d'or, mais il ne donna pas d'or à l'architecte juif. Il ne le complimenta pas, non plus, et dit: "Vous êtes un infidèle, vous méritez la mort, parce que vous n'honorez pas le prophète Mahomet. Pour vous punir de votre infidélité, je vais vous enfermer au haut du minaret. Et si vous êtes encore là, quand la nuit commencera à tomber, vous serez mis à mort."

Le pauvre architecte n'avait que quelques heures, mais comme il était très habile, il se fabriqua une paire d'ailes, et il travailla si rapidement que les ailes furent finies avant la nuit. Quand le soleil disparut derrière les montagnes, l'architecte juif mit ses ailes et prit son vol du haut du minaret. Malheureusement, les ailes n'étaient pas très solides, et le pauvre architecte tomba dans la vallée, où il mourut.

En mourant, il maudit le prophète Mahomet. A son imprécation la terre trembla, le tonnerre gronda, la foudre sillonna les nues, et toute une moitié du minaret tomba. C'était la partie que l'architecte juif avait construite, et depuis ce jour le minaret n'offre plus que la moitié de sa construction primitive, car l'autre moitié est à terre.


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